Discours d’intronisation de Pierre Lasne dans la Confrérie de la Plume Ardéchoise par Michel Riou lors du Salon du livre d’Aubenas le 7 décembre 2019
Après la fraîcheur de la Bourgogne et les côtes normandes, c’est en Ardèche qu’Ambroise Luc a finalement choisi de poser ses valises. Poète et transcripteur, il a apposé sa plume à de nombreux ouvrages, participant à des revues littéraires ou encore quelques anthologies poétiques… La poésie, il en a fait un exutoire, et depuis ses débuts, il n’a cessé de vivre avec ces enchevêtrements de mots et de sons, y voyant le moyen de se réaliser, enfin. Parmi ses œuvres, « Cargaison dérisoire », un recueil réédité dans une version sur papier vergé, tiré à seulement 500 exemplaires. Un bijou, paru aux éditions Lanceur de pierres.
Ambroise Luc, qui vit près d’Aubenas, est tombé tout jeune dans la marmite de la poésie: «J’ai toujours aimé fureter, en matière de littérature», confie-t-il. Notre poète a moins de 14 ans lorsqu’il découvre Rimbaud et Verlaine, ses premières amours. Ambroise Luc connaît sur le bout des doigts leur vie et leur oeuvre. Il s’anime en en parlant. «Je ne sais pas comment Rimbaud a pu écrire «Le bateau ivre», d’autant qu’il n’avait jamais vu la mer», confie-t-il par exemple.
Ambroise Luc adore aussi les «rondelles» et «ballades» de François Villon et de ses contemporains comme Charles d’Orléans (Renaissance), il en a lui-même écrit des centaines.
Du côté des poètes plus récents, Ambroise Luc est également un grand admirateur de Paul Eluard, Appollinaire et Léo Ferré, avec qui il a été en contact. Il garde, par exemple, un souvenir mémorable d’un concert de Léo Ferré autour du «Bateau ivre» à l’occasion de l’anniversaire de la mort de Rimbaud.
Parmi les poètes étrangers, Ambroise Luc aime beaucoup les poètes allemands (Goethe, Heine avec qui il a «passé 15 ans»…), mais pas que. Il cite aussi Lorca. «Récemment j’ai découvert un immense poète anglais, Ted Hughes. C’était le poète attitré de la reine Elisabeth II.», expose-t-il encore.
C’est surtout la musique des vers qui, dans la poésie, séduit Ambroise Luc. D’ailleurs, notre poète aime aussi beaucoup la musique, le classique et le jazz. Il joue de l’harmonica, du blues.
Au-delà de cela, «la poésie est sans limite, intemporelle», estime Ambroise Luc, «elle ouvre sur un autre monde, même si elle se rattache au quotidien». Notre poète qui aimerait faire partager toute cette richesse déplore, lorsqu’il participe à des salons littéraires, que les vistieurs s’arrêtent peu aux stands de poésie.
Comme la plupart des poètes, Ambroise Luc a toujours sur lui un papier et un crayon, au cas où l’inspiration surviendrait. «C’est comme des éclairs», confie-t-il, «j’écris n’importe où, sur une table de café, parfois même en conduisant ma moto!». «Mes poèmes parlent toujours de moi, de la société contemporaine, du monde qui m’entoure», poursuit le poète.
Ambroise Luc a beaucoup bourlingué, au gré de ses mutations professionnelles. Il était professeur d’allemand. Originaire de Bourgogne, il a notamment passé 15 ans à Dieppe. Il y a eu le coup de foudre pour la mer. C’est pourquoi, depuis, il donne toujours à ses recueils des titres maritimes. Il est installé en Ardèche depuis 1998.
Ambroise Luc publie son premier livre à 45 ans. Il compte aujourd’hui 18 ouvrages à son actif, dont certains illustrés par des peintures réalisées par lui-même dans sa jeunesse. Il les publie au rythme d’un ou deux par an.
Notre poète se partage entre ses oeuvres personnelles et la transcription d’oeuvres de poètes allemands. «Il est essentiel de restituer non seulement le sens du poème mais aussi sa musique, son rythme», expose Ambroise Luc, «C’est comme transcrire un thème musical écrit pour un instrument pour un autre instrument. En allemand on n’est pas obligé d’avoir des rimes et des assonnances, ce sont les accents toniques qui donnent le rythme». Un exercice éminemment délicat, donc. Notre poète a été primé plusieurs fois pour ses traductions.
Du côté des transcriptions, il travaille maintenant sur des poèmes de Nietzsche avant de s’attaquer à Georg Trackl, poète autrichien de la guerre de 1914-18.
Reconnu par ses pairs, Ambroise est membre de la société des poètes français de la société Heinrich Heine de Düsseldorf et de l’institut Goethe de Paris. Il a rejoint le Cercle des auteurs Ardéchois en 2016 et rejoint aujourd’hui la Confrérie.

